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Comprendre l'IA : une nécessité pour l'humanité

L’apparition simultanée de technologies exponentielles comme l’Intelligence artificielle ou encore la robotique, l’IOT, la 5G, la blockchain, la réalité virtuelle entraîne une tension sur l’économie et des questionnements pour l’avenir de l’Humanité. A l’heure actuelle, très peu sont ceux qui peuvent affirmer comprendre vers quoi nous nous dirigeons. En fait personne ne sait dire. Gaspard Koenig, philosophe et créateur du think tank libéral Génération libre a interviewé 120 experts de l’IA[1] : américains, chinois, européens. Au fur et à mesure qu’il prend conscience des impacts de l’IA, les certitudes générationnelles de l’ancien monde vacillent au point d’intituler finalement son ouvrage « La fin de l’individu ». Le maintien du libre arbitre, pilier de la démocratie libérale, est remis en cause par l’IA consommée sans recul.

Tant que la Multitude[2] ne prend pas clairement conscience des enjeux qui accompagnent l’économie de plateforme, la propriété des données, la transformation d’Internet en espace fermé, la consommation à outrance de contenus ; alors l’intelligence collective qui permet généralement de trouver un consensus, ne pourra pas s’appliquer. La compréhension avant la consommation : sans cet effort d’instruction nous, individus, resterons des produits (souvenez-vous de l’adage : « si c’est gratuit c’est que c’est vous le produit. »)

Rappelons que l’Intelligence artificielle est avant tout un domaine scientifique apparu dans les années 1950. L’IA mettra techniquement plus de 50 ans à décoller car ce champ mathématique relativement simple est gourmand en données et en puissance de calcul. Or vers 2005 nous avons une miniaturisation suffisante des composants électroniques et nous commençons à faire des calculs distribués dans le cloud. Cette distribution débouche sur l’exploitation des big data qui deviennent le carburant d’une nouvelle économie. Parallèlement à cette puissance de calcul l’Homme fait naître une conjoncture favorable à l’émergence d’une ère de la data. D’abord en numérisant tous les contenus possibles : livres, photos, films, musique, transactions… puis par la mise en réseau de l’humanité à travers les téléphones mobiles, l’Internet, les réseaux sociaux, les plateformes et désormais les objets.

Le but de l’IA est de reproduire des fonctions cognitives : Je sais, je fais, etc… La science-fiction s’en est ensuite emparée pour créer des univers fantastiques. Ce faisant elle a créé une IA qui fait peur, capable de raisonnement mais dénuée d’émotion. Or Luc Julia explique : « L’intelligence artificielle n’existe pas[3] ». Nous développons des IA faibles qui effectuent mieux qu’un humain des tâches aussi complexes que conduire un véhicule, mais qui restent des mono-tâches. L’IA est également maladroite pour traiter les déviances. Youtube – crash mortel d’une voiture autonome en Chine : l’IA de Tesla n’avait jamais été confrontée sur ces millions d’heure d’entraînement à un camion de chantier arrêté sur une 3ème voie d’autoroute ouverte à la circulation. Autre biais tout aussi polémique : en 2015 l’IA de Google Photos classe des personnes de peau noire dans la catégorie « Animaux » du fait d’un entraînement sur les portraits d’une population d’origine caucasienne[4].

L’IA est faite pour traiter sans relâche des volumes faramineux de cas en les parallélisant à l’infini. Peter Thiel, co-fondateur de Paypal et VC gourou de la Silicon Valley, dit de l’IA qu’elle est communiste : elle optimise le bonheur de la communauté au détriment de celui de l’individu. Si Waze propose le meilleur chemin à tous ces utilisateurs, ceux-ci se retrouveront probablement dans un bouchon…

L’intelligence artificielle va inéluctablement impacter nos vies. Elle entraîne une révolution dont l’issue dépend de l’usage, et donc de la compréhension individuelle que nous aurons de cette technologie.

 

[1] La fin de l’individu, G. Koenig, Sept.2019 – Editions de l’observatoire

[2] L’âge de la multitude : Entreprendre et gouverner après la révolution numérique, N. Colin et H. Verdier, Mai 2012 – Editions Armand Colin

[3] L’intelligence artificielle n’existe pas, L. Julia, Jan. 2019 – First Editions. Luc Julia est le patron de l’IA chez Samsung et co-créateur de Apple Siri.

[4] 02/07/2015 – Google confond le portrait d’Afro-américains avec des gorilles – https://www.bfmtv.com/international/google-confond-le-portrait-d-afro-americains-avec-des-gorilles-898885.html

 

Olivier Leroy

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